Apprendre à naviguer la multiculturalité pour devenir soi – Rencontre avec Sarah
Mais aussi : du droit, des baleines et de la sécurité psychologique
Avec cette édition, je te propose de plonger en eaux intercontinentales pour parler : multiculturalité & construction personnelle, sécurité psychologique dans les conversations et droit animal.
La Ploufletter est un espace randomadaire à l’intersection entre le sens, l’impact (socio-écologique) et l’inclusion pour les actif·ves et pros engagé·es. Athlète confirmé·e ou newbie en brassards, bienvenue 🎣
Tu verras, ici on évoque beaucoup le monde de la natation, alors voici quelques guidelines. La piscine, c’est le monde – du travail le plus souvent. La ligne de nage, c’est la voie que l’on choisit. Enfin, les nageur·ses – ou swimmers –, ce sont les personnes qui, comme toi et moi, sont en quête de sens. Si besoin, tu peux consulter ce lexique natatoire !
Tu peux aussi :
Amplifier ton impact social en co-créant du contenu avec La piscine (pour les entreprises et solopreneur·ses à impact).
Faire rayonner ta marque et te rendre visible auprès des swimmers en t’associant à la Ploufletter.
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Sur ce, bonne séance 🐋
🎣 au programme
Édit’eau.
Apprendre à naviguer la multiculturalité pour devenir soi – Sarah Oirdighi.
Instaurer plus de sécurité psychologique dans nos conversations – Checklist.
« Whale, i'm a real boy » - Les baleines, nos concitoyennes.
Quelques ressources pour aller plus loin.
🐠 édit’eau
Temps de lecture : 1min
Coucou toi, comment ça va ? J'espère que tu abordes cette dernière longueur avant mai avec entrain – en attendant de pouvoir te découvrir d’un fil au soleil. Ici, ça flotte ; au sens propre. À tel point que je me suis crue à Dubaï le temps d’un trajet maison-piscine hier, flippant. (Je suis à deux doigts gantés de t’écrire « Y’a plus de saisons » mais promis, je me retiens.)
Je pensais t’envoyer cette édition hier, mais Substack, la plateforme qui t’envoie cet email, en a décidé autrement. Toujours est-il que je suis joie de te retrouver aujourd’hui – ou bien de t’accueillir par ici si c’est la première fois que tu t’immerges dans une Ploufletter. Merci de me lire !
Avant d’oublier
Aujourd’hui, le programme d’entraînement est dense. Je te propose un tour du monde en 16 minutes – rien que ça – entre : le Saint-Laurent (avec Sarah), la Polynésie (à dos de baleine) et la France (pour parler sécurité psychologique) ; le tout depuis ton transat.
Fasten your bouée, we’re about to take off 🏊🏾♀️
Je te laisse, see you en fin d’édition.
Apolline 🐋
PS : les parisien·nes, réservez votre 16 mai au soir, il se peut que je change de piscine municipale le temps d’une table ronde 👀
🐡 apprendre à naviguer la multiculturalité pour devenir soi – sarah oirdighi
Temps de lecture : 10min
Ma rencontre avec Sarah se fait en décalé, en quasi asynchrone, un vendredi de mars.
Lorsque la visio se lance1, il est à peine 9h outre-Atlantique. Sarah n’a pas encore commencé sa journée de travail et s’apprête tout juste à partir pour un tournage à plus d’une heure de chez elle. De mon côté de l’océan, l’ambiance diffère. L’horloge de mon ordinateur affiche 15h, mon esprit ventriglisse doucement vers le week end qui arrive ; et je vois de mon bureau mes palmes, masque et tuba qui dépassent de mon sac.
Sarah a posé ses valises au Québec — à Montréal pour être plus exacte — il y a sept ans. Avant d’élire ce complexe sportif comme résidence principale, la jeune femme a vécu : au Maroc – d’où elle est originaire –, en France – où elle a étudié –, et en Suède – où elle a nagé le temps d’un échange universitaire.
Dès les premiers mots échangés, j’esquisse un sourire.
On décèle dans la voix de Sarah quelques intonations québécoises maîtrisées. Quelques anecdotes partagées et rires plus tard, elle se met même à employer des tournures locales – « Elle a bien fait sa job », « C’est correc » ; le tout mixé à des expressions françaises.
Ça me rend encore plus curieuse d’en apprendre sur la manière dont Sarah navigue entre toutes les cultures dans lesquelles elle baigne. Et ça tombe bien parce que c’est l’ordre du jour 👀
Au début, je lisais Sarah pour son expertise sur les réseaux sociaux. Puis, un jour, en barbotant sur Linkedin, j’ai découvert un post où elle évoquait :
🏊🏾♀️ Son rapport à l’immigration,
🏊🏾♀️ Les compétences que l’on développe en changeant de bassin culturel – que l’on parle adaptabilité ou force d’esprit – ,
🏊🏾♀️ Et, en creux, sa propre évolution – tant identitaire que professionnelle. De fait, après avoir travaillé en agence, Sarah a plongé dans le grand bain de l’entrepreneuriat en 2023.
Wait, what?
Un message, une invitation, et une connexion internet en vrac – de mon côté – plus tard, nous voici prêtes à échanger et dive deep dans son histoire.
se construire à l’intersection
Pour s’immerger dans la conversation – en guise d’eau sur la nuque –, j’ai commencé par poser LA question à Sarah « tu voulais faire quoi ou devenir qui plus jeune ? », curieuse d’en apprendre plus sur les aspirations de cette nageuse au palmarès international.
Cette interrogation m’a fait comprendre que la multi-culturalité, Sarah la porte en elle depuis toujours.
Hello Sarah, merci encore de prendre le temps d’échanger avec moi aujourd’hui ! Pour commencer, je voulais te poser une question que j’adore et qui m’intrigue toujours quand je rencontre quelqu'un : toi, tu voulais faire quoi ou devenir qui quand tu étais plus jeune ?
Wow, c’est dur. Je ne peux pas te donner de réponse, j’ai commencé ma vie avec une crise identitaire donc je serais incapable de te répondre.
Comment ça ?
J’ai grandi au Maroc avec un père Marocain et une mère Française. Je passais mes vacances d’été en France.
Et, l’histoire du Maroc est particulière. On a longtemps été colonisés par la France – et d’autres pays –, et ça se ressent encore aujourd’hui sur le pays. Par exemple le français est la première langue avant le marocain. On perd notre identité et notre culture au fur et à mesure que le temps passe.
Moi, j’ai fait toutes mes études dans l'école française. Donc, j’ai appris le français, l’histoire de la France… et pas celle du Maroc, alors même que j’y vivais. C'est vraiment particulier.
À ce moment, je mettais en avant la partie française de mon identité, parce que je savais que c’était cool, que ça me donnait un certain statut et que ça me permettait d’accéder à certains privilèges.
Ho, je connais des personnes qui ont poursuivi leurs études – entamées en France – dans un lycée français à l’étranger, mais pas le cas « inverse » où tu fais partie du pays et tu vas dans l’école Française. C’est un peu comme si on te déracinait. Ça a dû être dur à naviguer.
Oui, comme je te disais c’était vraiment une crise identitaire.
Et en grandissant, le rapport s’est inversé. Je suis arrivée en France pour mes études supérieures, et c’est là que j’ai subi plusieurs discriminations qui m’ont fait me dire que c’était pas possible.
C’était des petites phrases nulles tu sais, comme « comment t’es arrivée là ? », « tu parles bien » etc. Alors pour y faire face, j’ai réagi de la manière tout à fait opposée : j’ai revendiqué mon identité arabe à fond.
ouvrir la parole sur les discriminations
Cette immersion dans un nouveau bassin et le refus d’appartenance à une identité qui faisait pour autant partie de son histoire personnelle de la part de ses pairs m’a interpellé. Son récit m’a rappelé les discussions que j’ai pu entendre sur Kiffe ta race – où l’invité·e raconte le moment où iel découvre sa différence au travers du regard de l’autre –, ou celles que j’ai parfois pu avoir avec des nageur·ses ou entre potes.
Dans ces conversations, je remarque souvent que nos réactions diffèrent beaucoup en fonction de notre niveau de conscience sur le sujet. J’ai donc questionné Sarah sur son rapport au racisme et « sa préparation ».
Mes parents ne m’ont pas du tout parlé de discrimination. Ils ont vécu dans l’après-guerre, leur logique c'était avant tout de se concentrer sur eux, de reconstruire leur pays, de trouver du boulot, pas de penser à ça.
Donc c’est la génération d’après [la notre] qui découvre et doit dealer avec ça. J’imagine qu’on est beaucoup dans ce cas.
Est-ce que ce climat ambiant a participé à ton immigration Québécoise ensuite ?
Oui ! Je suis restée 3 ans en France – le temps de finir mes études –, et j’ai voulu partir après. Je me suis tout de suite dit que c’était temporaire.
Et comment tu le vis au Canada – enfin, au Québec – aujourd’hui ? Comment tu te sens ?
Je ne dirais pas que les gens ne sont pas racistes au Canada, mais je les trouve plus ouverts, bienveillants. Ils sont plus curieux d’en apprendre sur qui tu es, ton histoire, ton expérience. Ils ne sont pas dans le jugement.
Ils n’ont pas peur d’aborder des sujets autour du racisme. C’est malaisant, mais au moins, tu vois, on a la discussion. C’est vraiment une posture différente de la France.
trouver un miroir pour se construire
Avant de laisser Sarah ventriglisser dans sa journée de travail, on a pris le temps de s’immerger dans la phase actuelle de son histoire : son émancipation et son engagement sur les réseaux – dont elle a d’ailleurs fait son métier.
Je vois que l’heure tourne, il me reste deux questions avant de te libérer. Je me demandais d’abord : comment tu as fait pour apprendre à te connaître et te construire toi ?
Je dirais, en voyageant seule, en testant, en allant découvrir de nouvelles choses.
Et au-delà du voyage, est-ce qu’il y a d’autres choses qui ont pu te porter ?
Oui, l’état d’esprit canadien !
Au Canada, tout est possible. Personne ne vient te dire que tu ne peux pas devenir x ou y comme en France, ou même au Maroc. Il n’y a pas de limite à l’ambition et ça, ça m’a permis de vraiment devenir moi et tester autant de choses que je voulais.
Les réseaux m’ont aussi beaucoup aidé à trouver des personnes vers qui me tourner, me renseigner, ou pour prendre la parole moi-même. C’est un process. Et je me suis rendue compte que j’avais beaucoup évolué quand j’ai vu qu’on a commencé à parler de décoloniser nos mindsets.
Super intéressant !
Morale de l’histoire : allons tous·tes piquer une tête dans le Saint-Laurent pour se trouver ? (Non.)
Ma dernière question tournait autour des réseaux : comme tu es à l’intersection de plein de choses, d’identités et de cultures, comment tu fais ou a fait pour trouver des roles models ?
[Rires] C’est simple : il n’y en a pas ! C’est pour ça que j’ai envie de proposer ce genre de contenu et de mettre ces modèles en avant.
En fait, je me retrouve pas dans les contenus partagés aujourd’hui. Soit je vois des femmes qui mettent de côté cette identité et n’en parlent pas ou à l’inverse des femmes qui ont plus un côté activiste et revendicateur. Mais pas de mix.
À la limite aujourd’hui on a Nesrine Slaoui qui a à la fois l’activisme et le contenu plus décalé, lifestyle qu’elle propose parfois. Après il y a aussi tout un travail à faire sur la différence entre les femmes arabes, maghrébines ou du Moyen-Orient.
Je travaille sur un podcast autour de ça justement.
Je vois tout à fait ! Après sur ce genre de contenu mixte il y a aussi Sally qui fait un peu ça, non ?
C’est vrai ! Quand il y avait eu l’affaire avec Air France2 c’était la première fois que je pouvais voir quelqu'un qui avait un impact concret à partir des réseaux. Elle a quand même réussi à faire changer les choses et avoir un retour de l’entreprise. Je me suis dit yes, let’s go!
Les réseaux ont vraiment participé à forger mon identité. Avant il n’y avait que les gros médias qui prenaient la parole mais ça change. Aujourd’hui, ça me semble vraiment important de faire ce travail à mon tour.
Au début je me disais « non, c’est pas pour moi, c’est tough » mais c’est tellement essentiel.
Merci beaucoup pour ton retour ! J’ai trop hâte de continuer à suivre tes aventures et plonger dans ce nouveau podcast que tu nous prépares. J’espère qu’on se reverra vite au bord du bassin !
👋🏾 Si la question de représentation t’intéresse, je t’invite à aller piquer une tête du côté de la Ploufletter sur Riz Ahmed où l’on revenait ensemble sur le discours de l’acteur autour de notre besoin d’ouvrir nos imaginaires sociaux au-delà des stéréotypes.
Et si tu veux t’immerger dans l’univers de Sarah, swim par ici ou par là pour suivre les coulisses de son podcast.
👀 pourquoi on kiffe ?
Je crois que c’est la première personne que je rencontre qui me parle aussi explicitement du besoin qu’elle a eu de « décoloniser son esprit » pour se construire, et qui aborde aussi librement la question d’intériorisation de certains stéréotypes, mécanismes ou préjugés sur une population donnée... dont l’impact se fait ressentir sur nos propres comportements.
Je me suis beaucoup retrouvée dans son envie de mettre en avant une identité plutôt qu’une autre en fonction de notre entourage vs. son approche actuelle beaucoup plus fluide.
Cette évolution m’a fait penser à l’épisode du podcast Emotions de Binge Audio sur la confiance avec Navo – le co-auteur de la série Bref. Celui-ci y distingue deux manières dont se construit cette confiance :
→ le locus externe – c’est le regard que porte notre entourage / la société sur nous et/ou nos réalisations qui va définir notre valeur,
→ le locus interne – nous sommes seul·es juges de notre valorisation.Le premier cas, c’est ce que beaucoup d’entre nous intègrent – notamment via le système scolaire et la notation. Mais cette extériorisation se retrouve dans plusieurs autres domaines – comme les standards de beauté ou le rapport au professionnalisme dont on avait parlé en abordant la discrimination capillaire.
Arriver à retrouver le fil de flotteurs de tout ça demande un énorme travail. Et je suis super admirative de voir que Sarah arrive à mettre des mots sur son processus de (dé/re)construction aujourd’hui !
J’adore l’approche très lifestyle que Sarah a de l’activisme et de la conscience qu’elle a de la complexité de nos identités.
D’ailleurs, c’est exactement de cette manière qu’elle aborde sa ligne édito. Elle distille des éléments (très) forts sur ses engagements et sa construction personnelle en alternant avec des éléments très ciblés sur son expertise numérique – sans pour autant s’enfermer dans une case.
Je trouve ça à la fois super malin car : cela permet de faire plonger des personnes qui ne seraient pas familières du sujet dans ces enjeux sociaux forts. Mais, c’est aussi rappeler qu’on est des personnes à part entière et donc…. multiples !
L’identité de Sarah s’est forgée à l’intersection du voyage, de sa multi-culturalité, de son intérêt pour les réseaux, et de mille autres éléments.
Peut-être qu’accepter cette multiplicité – qui forge son unicité – et en jouer, c’est la meilleure manière de lui rendre hommage ? (Viens, on s’en inspire aussi 👀)
Enfin, je trouve es-sen-tiel le rappel que Sarah a fait sur le fait qu’il n’y a pas « de bonne ou de mauvaise question » lorsqu’on aborde certains sujets touchy, mais plutôt « de bonne ou mauvaise posture ».
C’est tout le travail que j’essaye de faire lorsque je parle de sécurité psychologique, car l’objectif n’est pas d’éviter ces conversations parfois inconfortables, mais de créer un cadre sécurisant pour les avoir.
Et en parlant de ça, je te présente…
🛟 instaurer plus de sécurité psychologique dans nos conversations – checklist
Temps de lecture : 3min
Alors, comment faire pour adopter une posture plus safe dans nos conversations sur les sujets touchy sans se noyer dans le Saint Laurent ? Voici un petit kit chloré non exhaustif pour ce faire. Je l’ai écrit dans la continuité de ma discussion avec Sarah – donc pour parler discriminations pour mieux comprendre le vécu d’une personne –, mais il peut te servir dans plein d’autres situations.
🏊🏾♀️ Demande le consentement – et trouve le bon moment pour discuter. Assure toi que la personne avec qui tu souhaites échanger est prête et dans de bonnes conditions pour accueillir ta parole et tes questions. (Comme ailleurs, le consentement peut évoluer, alors je t’invite à checker au fur et à mesure de la conversation que le sujet est toujours ok.)
Je t’invite aussi à expliciter l’objectif de l’échange pour ne pas prendre la personne de court sur les sujets ou questions que tu aimerais aborder. Pas besoin d’envoyer une invit’ sur Google Agenda pour plonger ensemble dans ces sujets – c’est pas un entretien.
« Es-tu ok pour qu’on ait une conversation sur x, y ,z sujet ? », « J’aimerais mieux comprendre ton approche / ta perspective sur x, y, z sujet, tu es ok pour qu’on en parle ? », enfin, assure toi de respecter les limites de celle-ci dans votre échange. « Y a t-il des éléments que tu ne souhaites pas aborder ? »
🏊🏾♀️ Prends le temps de situer ton propos.
De cette manière, ton interlocuteur·rice est avertie sur ton niveau de conscience, de maîtrise ou d’apprentissage sur le sujet.
« Je découvre le sujet j’aimerais en apprendre plus sur x, y, z », « Je suis toujours en cours de défrichage sur x, y, z »
🏊🏾♀️ Écoute les propos, l’expérience de la personne.
Si tu n’es pas familier·e avec son vécu, tu peux paraphraser ou reformuler ce qu’elle te dit pour t’assurer d’avoir bien compris.
En bref, joue la comme les Québécois·es ! Pour ne pas citer Sarah (et siiii, oups), je résumerais la posture à : « être curieux·se plutôt que dans le jugement. » (Je te l’accorde, c’est plus facile à dire qu’à faire.)
🏊🏾♀️ Faites des pauses.
Certains sujets peuvent être longs à traiter / aborder.
Vois ça comme un entraînement natatoire à intervalle pour ton cardio : on peut alterner entre des phases intenses et des phases de repos pour récupérer. Sur le moment, ça peut être frustrant, mais c’est au repos qu’on se rend compte du progrès.
Pour la conversation, c’est pareil. On peut être frustré·e de ne pas avoir pu tout traité en une fois, mais faire des pauses dans la discussion ou traiter le sujet en plusieurs fois, permet parfois d’aller plus en profondeur – en se laissant du temps pour décanter et assimiler.
🏊🏾♀️ Prends le temps de remercier la personne à la fin de votre échange. Surtout si vous avez abordé des éléments difficiles.
👋🏾 Pour créer le guide je me suis servie de mes recherches pour la section « évaluer le degré de sécurité psychologique d’un environnement » de mon ebook. J’ai aussi crawlé sur Jeunesse Écoute Canada qui fournissent plusieurs guides pour plonger dans la santé mentale sous toutes ses formes – tabarnouche, c’est vraiment des boss.
🐋 « whale, i'm a real boy » - les baleines, nos concitoyennes
Temps de lecture : 3min
Le saviez-tu ? (Avant de lire l’info, moi, non.)
Suite à la prise de parole du roi des Maōris alertant sur l’urgence de protéger les baleines le 28 mars dernier, les gouvernements néo-zélandais, Tahitien, et d’autres îles de l’archipel Polynésien ont octroyé aux baleines ont le statut légal de personne le 15 avril. Concrètement, cela signifie qu’elles obtiennent divers droits de liberté, de mouvement, d’habiter un environnement sain, etc.
L’histoire du peuple Maōri et celle des baleines ont toujours été étroitement liées.
À la fois guides et compagnes de navigation, ces dernières ont aussi occupé un rôle important dans la survie et le développement économique des Maōri. Ce, tant grâce à la récupération des restes du mammifère apportés par la mer – os ou ivoire –, que la chasse.
C’est ensuite, avec l’industrialisation de la chasse au XXème siècle, que les Néo-Zélandais·es ont commencé à s’élever contre cette pêche. (Sources : Musée Te Papa Tongarewa)
Dans les faits, même si cette décision peut sembler insuffisante pour sauver cette espèce, c’est un joli coup de palme pour leur protection.
L’obtention de ce statut dont la procédure a été amorcé en 2012, va permettre d’entraver – voire de ralentir – certaines actions mortifères pour l’environnement des cétacés ou leurs conditions de vie.
D’ailleurs, ce n’est pas la première fois qu’un élément naturel se voit octroyé un statut juridique dans le pays !
En 2017, la Nouvelle-Zélande avait octroyé une personnalité juridique au mont Taranaki et à la rivière Whanganui – tous les deux emprunt d’une forte charge spirituelle pour les Maōri. Depuis, ce statut a permis d’annuler ou de ralentir des projets qui porteraient atteinte à leur conservation. C’est dans ce même esprit de protection que Tuheitia Potatau te Wherowhero VII – le roi des Maōri – a exprimé le besoin de reconnaître le même statut aux baleines.
☝🏾 Cette division des pouvoirs remonte à la colonisation anglaise.
Le 6 février 1840, le traité de Waitangi reconnaît les droits d’ingérence locale à la Grande-Bretagne. Les Maōris obtiennent toutefois le droit de souveraineté sur les biens immatériels – et spirituels – comme ici. (Source : Hérodote)
Symboliquement, c’est une autre paire de manche de peignoir.
Même si la population indigène ne représente que 6% de la population mondiale, elle protège 80% de notre biodiversité. Malgré tout, aux yeux – embués par le masque de plongée – de la loi, les populations autochtones sont considérées comme mineur·es : colonisation des terres, assimilation forcée, ingérence étrangère… et j’en passe. (Source : Amnesty)
Reconnaître ce statut de personne légale aux baleines, c’est aussi reconnaître, en creux, la culture Maōri et sa légitimité à entrer dans le débat environnemental.
Cette reconnaissance juridique baleinière s’inscrit dans la lignée de moult autres actions des peuples luttant pour leur droit d’autodétermination – comme au Paraguay, au Pérou, etc.
En tout cas, tu te doutes bien que vu le branding de La piscine, j’étais o-bli-gée de te parler de cette actu ! Et, comme pour les enjeux liés à la mode, on voit bien que les questions sociales et environnementales sont étroitement liées. (Car oui, ça introduit un sujet que j’aimerais développer – plus tard.)
👋🏾 Pour t’immerger plus avant dans la thématique – en attendant que je finisse ma propre exploration –, je te partage le site de Mikana et Espace Autochtone de Radio Canada, tous les deux recommandés par Flore Deshayes, travailleuse sociale et nageuse d’élite qui travaille sur ces enjeux. (Merci encore à elle !)
🛠 quelques ressources pour aller plus loin
👉🏾 Pour préparer cette édition, j’ai replongé dans cet épisode du podcast Miroir Miroir de Jennifer Padjemi qui interroge nos représentations, notre rapport à la beauté et nos corps.
👉🏾 Même si Sarah est allée aussi vite qu’un espadon – aka, très vite – dans son parcours, je te recommande cette édition de la Ploufletter sur les bienfaits de la lenteur pour trouver sa voix·voie.
👉🏾 Je connaissais Nathalie Sejan pour ses collaborations avec Marion Séclin. J’ai (re)découvert son travail la semaine dernière au détour de la riviè…de mes suggestions youtube avec son TED Comment devient-on une bonne histoire ?
Dans ce talk, elle nous parle de notre rapport conflictuel au succès – de plus en plus précoce –, des actions que l’on entreprend pour injecter du sens à notre quotidien et qui tissent une à une le récit de nos trajectoires de nage, avant de nous plonger dans sa mission de faiseuse d’histoires.
Une vidéo à regarder for sure avant d’aller faire un plouf du côté de sa newsletter-blog où de ses multiples productions audio toutes aussi chouettes les unes que les autres pour t’approprier la créativité sous un nouvel angle.
👉🏾 Comme je te l’expliquais dans la Ploufletter sur les JO, j’ai mis très longtemps à découvrir que bell hooks – une autrice souvent citée pour son travail sur l’amour – avait surtout exploré la notion d’intersectionnalité. Depuis, je me suis immergée dans plusieurs de ses ouvrages. Je te reco tout particulièrement : Where we stand: Class matters, et De la marge au centre – Théorie Féministe.
Ça t’a plu ? Fais passer le mot !
Pour rappel si tu veux qu’on travaille ensemble tu peux 👇🏾
Plonger dans mes offres d’accompagnement et de co-création de contenu pour amplifier ton impact social (à destination des entreprises et solopreneur·ses à impact)
T’immerger dans mon media kit pour t’associer à la Ploufletter et te rendre visible auprès des swimmers.
À très vite pour un nouveau plongeon 🐋
Apolline
En attendant la prochaine édition, on se retrouve sur Linkedin ?
Oui, ici on est low-carbon mais pas encore low-tech
En été 2023, Sally avait partagé des vidéos sur son compte racontant (et montrant) l’attitude discriminatoire du personnel de bord Air France sur un vol. Au vu des documents et l’influence de la jeune femme (plus d’1M de followers sur instagram et 600 000 abonné·es à sa chaîne youtube), la compagne aérienne avait dû réagir et rendre des comptes publiquement.






