Comment naviguer ses identités ? « Bas les masques » ou : le passing en question
Mais aussi : fèces de baleine, Oussama Ammar & santé mentale
Avec cette édition, je te propose de plonger dans le récap de la soirée « Bas les masques » sur la notion de passing social, une actu environnementale brandée avant de parler santé mentale.
La Ploufletter est un espace randomadaire à l’intersection entre le sens, l’impact (socio-écologique) et l’inclusion pour les actif·ves et pros engagé·es. Athlète confirmé·e ou newbie en brassards, bienvenue 🎣
Tu verras, ici on évoque beaucoup le monde de la natation, alors voici quelques guidelines. La piscine, c’est le monde – du travail le plus souvent. Les plongeons, ce sont les explorations en profondeur qu'on mène par ici. Enfin, les nageur·ses – ou swimmers –, ce sont les personnes qui cherchent à insuffler plus de sens dans leur quotidien. Si besoin, tu peux consulter ce lexique natatoire !
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Sur ce, bonne séance 🐋
🎣 au programme
Édit’eau - Plouf in Public.
Naviguer le passing, entre conformisme et authenticité – Récap d’atelier.
Whale alors – Une actu mascotte.
Les questions du moment.
Évaluer sa santé mentale pour éviter de couler.
🐠 édit’eau - plouf in public
Ceci est l’endroit où je t’ouvre la porte de mon local technique pour te parler des dessous de La piscine.
Temps de lecture : 3min30
Coucou toi ! J’espère que tout va bien dans le bassin. Ici c’est mitigé.
J’avais prévu une autre ouverture, mais, à l’heure où je relis cette édition, nous sommes lundi matin. Hier, j’ai peu dormi. J’ai encore, imprimées sur la rétine, les images de Rafah qui tournent en boucle dans mon cerveau. Les mots me manquent.
J’ai toujours évité de regarder Black mirror, de peur d’être traumatisée par l’avenir esquissé dans la série. Aujourd’hui, je suis persuadée que certains épisodes me sembleraient fades comparés à la réalité à laquelle nos téléphones nous confrontent quotidiennement.
J’ai l’impression que chaque jour, on passe un cran dans l’horreur. C’est la première fois que je vois des images aussi graphiques. Avant, elles circulaient sur des groupes Telegram, cachés comme de la contrebande pendant la prohibition. Aujourd’hui, tout est disponible en libre accès, intercalé entre deux story printanières. Un sandwich aussi paradoxal que notre usage de la technologie – pour le meilleur comme le pire. C’est lunaire.
Et je me sens si impuissante.
Je ne sais pas ce que j’essaye de te dire mais : si toi aussi t’es dans le dur, on est ensemble.
👋🏾 Avant de commencer, parlons backstage !
Je passe de la poule d’eau au béluga pour te parler de la dernière Ploufletter. Sache que j’ai été aussi surprise que contente de voir l’accueil qui lui a été fait. J’avais appuyé sur le bouton « connecter à Stripe » en me disant que c’était un premier coup de palme avant de formaliser quelque chose. Mais puisqu’il y a déjà un·e founding member qui a rejoint le crew – merci encore à toi ! –, me voici donc « forcée » de me pencher plus sérieusement sur le modèle.
Depuis le pivot édito de septembre dernier, je vois que les sujets que je traite ici engagent plus – il faut croire que tout le monde est en crise identitaire 👀 Donc, j’ai trop hâte de voir quel espace va prendre forme.
Mais, je sais aussi que le modèle dans lequel je viens de mettre un orteil est beaucoup plus développé dans le milieu anglo-saxon qu’ici. Donc je flippe aussi – mais comme dirait Dory « just keep swimming ».
Quoiqu’il en soit : on va co-construire ça ensemble ! (Oui, je t’inclus dans le doss’.) Et en parlant co-construction : le premier sondage a tranché, l’écriture passe au second plan, donc deux choses :
🏊🏾♀️ Je vais garder le principal côté « Studio Piscine » – côté Apolline 🐋 quoi – plutôt que communauté. Donc, si tu as envie de (re)travailler ta plume / ta ligne édito / un papier ou de te faire accompagner sur la production de format long, écris moi.
🏊🏾♀️ Et, à défaut de te partager des tips spécifiques pour ta création de contenu, je réfléchis à une manière de t’embarquer dans les dessous de la mienne.
Tu l’auras compris : le développement de la version payante de la Ploufletter sera axé communauté (pour nageur·ses en quête de sens et d’impact).
Pour le chantier de V1 qui s’ouvre, je vais d’abord créer le mail d’accueil, et la page de vente pour formaliser tout ça avant de faire la communauté WhatsApp, ajouter les premières ressources à la bibliothèque. Rdv la prochaine fois ici ou sur Linkedin pour suivre tout ça. (Je me suis promis de documenter cette exploration, quel qu’en soit le résultat final.) Le tout en continuant mes entretiens exploratoires.
Si tu veux m’aider, tu peux 👇🏾
Me partager tes envies / besoins sur les sujets à évoquer en communauté,
Passer le pas et prendre ton abonnement en avant-première 👀
La suite au prochain épisode !
Fasten your bouée, we’re about to take off 🏊🏾♀️
See you en fin d’édition.
Apolline 🐋
🐡 naviguer le passing, entre conformisme et authenticité – « bas les masques ! »
Temps de lecture : 7min
Nous sommes un mercredi après-midi des années 2010. Le tsunami Adèle déferle sur la sphère musicale, les slims sont encore à la mode et moi, je suis au lycée. Et comme le mercredi, c’est jour de sortie à l’internat, j’en profite avec deux potes pour se balader dans les magasins, histoire de tuer le temps entre deux révisions de prépa. (À l’époque, je voulais entrer à Sciences-Po. Je suivais un cursus spécifique en parallèle de mes cours pour préparer les concours.)
Après avoir écumé Zara, et Promod, direction Monoprix. Je ressors les mains vides mais mon sac, lui, est rempli à ras-bord de mes affaires de cours. Et, pas de chance, je sonne en sortant. C’est ch*ant. J’ai déjà la flemme de le vider. Ou même de me justifier à la sécurité.
Mais le vigile à la sortie se contente de me sourire et de me dire « vas-y ». Okkkk.
Sont-ce mes ballerines, mon Longchamp, ma chemise – et oui, j’ai été adepte de ce style vestimentaire – ou la présence de mes potes qui m’ont sauvé la mise ? Je ne saurais jamais.
Toujours est-il que ce jour là, je suis « passée » entre les mailles du filet. (Je précise : je n’avais rien pris. Je m’attendais juste à ce qu’on épluche mes affaires.)
Depuis, à chaque fois qu’on me parle de passing, je repense à cet épisode.
J’imagine un·e vigile posté·e aux portes d’un magasin qui jugerait notre appartenance ou non à une certaine catégorie de population – et son niveau d’alerte en fonction. Si c’est conforme, pas de contrôle. Ça passe. Sinon, gare à la surveillance et aux réprimandes au moindre faux pas – palmé 🦆
une définition peut-être ?
Au-delà de mes aventures de jeunesse1, le passing est un terme utilisé en sociologie.
C’est le fait d’arriver à « se faire passer pour » quelqu'un appartenant à un groupe social donné différent de celui dont on est originaire. L’exemple donné plus haut était volontairement simple, mais on peut parler de 👇🏾
_passing social pour parler de quelqu'un qui adopte les codes – langagiers, vestimentaires, etc. – d’une classe sociale donnée.
_ passing racial lorsqu’on emprunte les codes d’une population donnée de telle sorte qu’on l’identifie comme telle. Par exemple, certaines personnes métisses peuvent parfois être perçues comme blanches de par leurs traits, la couleur de leur peau, coiffure, etc.
_cis-passing pour les personnes trans et signifier que l’identité de genre de la personne n’est pas remise en question et « passe » donc socialement. Dans ce cas, ce sont des comportements, des attributs physiques ou vestimentaires – qu’on assimile à un genre plutôt qu’un autre – qui vont peser dans la balance.
_on pourrait même parler de swimming-passing pour parler de quelqu'un qui a l’air renseigné·e sur la natation sans en faire. (Oui.)
Dit autrement, le passing c’est pouvoir s’entendre dire à un moment « t’es pas comme les autres [ajouter la catégorie sociale de ton choix] » ou « j’aurais pas dit que t’étais [ajouter la catégorie sociale de ton choix] »
Si cette « compétence » possède ses avantages – notamment la tranquillité d’esprit, l’accès à des opportunités plus diverses que ce que l’on devrait avoir –, il amène aussi son lot de questions et de difficultés à surpasser.
Coïncidence, le passing, c’est justement ce dont on a parlé pendant la table ronde / évènement avec Alexia Sena du podcast Joyeux Bazar, Inesse Benmohammed, Nour Bounaidja membre de Bissaï Media, et Walid Rachedi auteur et cofondateur du média Frictions. (Et c’est aussi ce qu’on a continué de creuser ensuite autour de gâteaux apéro une fois l’event fini 👀) Le tout sous l’oeil et l’objectif de Clara Michineau.
Par souci de confidentialité pour tout ce qui a été partagé, je ne vais pas tout te raconter, mais voici 4 points qui m’ont marqué ainsi que les réflexions qui en ont émergé depuis 👇🏾


1. sortir du témoignage pour proposer de nouveaux portraits de société.
Ou : la limite du pair-à-pair.
« Il n’y a pas que Houellebecq qui peut proposer une fresque humaine et décrire des personnages différents. » Walid Rachedi
Pour Walid, il y a urgence à sortir du témoignage pour élargir les perspectives de récit et peindre la société, à l’image du travail de certain·es auteur·rices. Car, même s’il est salvateur ou créateur de cohésion, le témoignage peut parfois enferme plus qu’il ne relie.
Comment imaginer la société évoluant autour des personnages si on les présente uniquement dans leur singularité, sans contexte social ?
Dans ses récits, Walid a donc voulu écrire des personnages divers comme celui de cette jeune femme issue des quartiers huppés de Paris devenue gothique, rêvant d’être assimilée à un autre groupe social que le sien. Même si le geste semble anodin, s’exercer à imaginer différentes trajectoires montre que raconter la société n’est pas un privilège, que lui aussi connaît la France au point de la dépeindre – puisqu’il y vit et l’expérimente au quotidien au même titre que ce cher Michel cité ci-dessus.
Car laisser le monopole de la fresque humaine à certains auteur·rices, c’est – en creux – redevenir objet et/ou s’ostraciser. C’est laisser aux autres la capacité de dessiner les contours de la société.
🏊🏾♀️ Pour aller plus loin, tu peux aller écouter des extraits de la série podcast nos destins sont liés – tirée du roman du même nom. (On avait écouté celle de Salem à la soirée.)
Perso, j’ai trouvé cette approche super intéressante – et pas seulement parce que je suis très portée témoignages. Ça m’a rappelé des posts sur lesquels j’étais tombée lors du lancement de Balance ton Bar où certain·es questionnaient le fait de créer des espaces d’échange de témoignages sans pour autant en voir l’impact social direct car ceux-ci sont avant tout « auto-centré ».
2. s'approprier les codes pour les déjouer.
Attention, ce triple saut carpé va être réalisé par une pro, à ne pas reproduire chez soi.
Pendant l’atelier, on s’est demandé comment gérer la fosse marine qui pouvait exister entre toutes nos identités. La première fois que les réflexions qui suivent ont émergé, c’est en écoutant un podcast d’Oussama Ammar2. Il y racontait son histoire en tant que personne franco-libanaise et le rapport qu’il entretient à ses pays de résidence. Dans sa prise de parole, plusieurs choses m’avaient intriguée.
🏊🏾♀️ La perte du passing. Une histoire de leasing.
Oussama mentionne qu’au début de sa réussite – financière –, on le présentait comme « français » dans la presse. Puis, avec les scandales, son statut s’est effrité pour se faire qualifier de « franco-libanais », puis « libanais » par les médias – lui refusant son appartenance au groupe social français dont il fait pourtant partie.
J’avais trouvé ça « drôle » de voir que cette question de passing ressemblait fortement à celle du mérite – dont on parlait ici : quelle que soit la quantité d’efforts fournis pour se conformer, c’est le groupe d’accueil qui jugera de notre capacité ou non à s’y intégrer… Et celui-ci garde donc la possibilité de retirer ce passing à tout moment.
Comme si notre place était une période d’essai constante.
Si, pour Oussama la perte du passing est venue avec les procès, pour d’autres, comme Ramdane Touhami, cette alternance entre passing et régression fait partie intégrante du quotidien. Dans sa prise de parole aux Chichas de la pensée en 2021, le designer avait partagé la différence de considération – et de respect témoigné – qu’il observait dans son environnement direct en fonction : de l’endroit où il se trouvait, ainsi que des informations dont on bénéficiait sur lui.
Ainsi, dans le cercle professionnel il est Ramdane, chef d’entreprise d’une entreprise de luxe à la française revendue à Bernard Arnault. Sty-lé. (Et passing ++.) Mais, dans son quartier huppé de Paris, il redevient « simplement » Ramdane. Et là, c’est une autre histoire.
« Quand je me regarde le matin, je suis moi, Ramdane. Quand je sors de chez moi, le regard des gens me rappelle que je suis un « bougnoule ». Ils disent en creux, « Bougnoule ! », « Bougnoule ! » Ramdane Touhami au festival Les chichas de la pensée, 10/10/2021
🏊🏾♀️ Jouer avec les codes.
En partant du postulat que l’on ne contrôle pas l’appartenance sociale à laquelle on nous assigne, Oussama explique dans un autre épisode3 n’avoir aucun attachement aux codes, les concevant plus comme des « déguisements » ou des paradigmes dans lesquels il se fond à l’excès jusqu’à en maîtriser les codes … avant de s’en jouer en fonction des situations et de ses besoins.
Comme si sa survie dépendait de sa capacité à se fondre dans cette mascarade sociale. (Et d’ailleurs, vu son histoire migratoire, c’est peut-être le cas.)
Dans cette même veine, Myriam Bahaffou développait cette idée de s’emparer de ces nouveaux rôles à fond pour survivre dans un environnement qui jouait en sa défaveur depuis toujours – et changer les règles à l’envi, une fois intégrée.
« C’était ce mot qui m’avait rendue fière : j’avais l’air riche. J’avais réussi, au-delà de l’apparence vestimentaire, à adopter l’attitude, les manières, la démarche qui me faisaient, pendant un instant, respirer la richesse. Je jubilais de fierté » Myriam Bahaffou, Des paillettes sous le compost


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3. choisir le passing, c’est choisir la facilité.
Pour Nour, le constat est sans appel : choisir de se conformer, c’est avant tout pour se protéger, se faciliter la vie.
Car, qui voudrait avoir à se justifier, défendre son identité et sa légitimité au quotidien ? Nobod’ – et moi la première.
Pendant que Nour parle, je repense à mes projets de repousse capillaire en friche et je ris. Inesse me regarde et esquisse une moue interrogative. Discrète (pas du tout), je me penche vers elle pour lui en parler.
Elle éclate de rire à son tour et moi, je repense aux nageur·ses. Entre les personnes qui : changent de prénom – pour se réapproprier un pan de leur culture –, font la démarche de revenir aux cheveux naturels après des années de lissage ou planifient des voyages sur les terres dont sont issu·es leurs aîné·es, renoncer à ce fameux passing et la facilité pourraient presque devenir une trend.
(Reste en fond la question de : à quel moment peut-on lâcher prise ? Et : qui peut se le permettre ?)
4. célébrer et réparer les identités.
Vivre sa quête identitaire, (multi-)minorisation et s’adapter à des environnements où on ne nous attend pas peut être extrêmement drainant. Charge mentale décuplée, burnout, dépression, etc. sont tout autant de choses qu’on peut traverser.
Mais, pour ancrer ce cheminement de manière pérenne, c’est important de se créer des bulles de joie – qui relie – et de célébration entre pairs. Pour Bissaï dont Nour fait partie, cela passe par un festival, des enregistrements culinaires, et autres moments collectifs pour se réapproprier ces identités aussi belles que complexes.
🏊🏾♀️ Pour aller plus loin je t’invite à plonger dans le compte de Nour Les mots qui réparent – en attendant la sortie du podcast en septembre – et à aller (re)lire la Ploufletter sur le rôle de la joie.
5bonus. une épiphanie hors-sujet
Oui, ceci n’est pas lié au passing mais j’ai appris pendant la table ronde que la population Arabe (du Moyen-Orient) appartenait au groupe ethnique asiatique. Je m’en suis toujours pas remise donc je partage.
👋🏾 Pour aller plus loin, je t’invite à aller écouter l’épisode Les vigiles du podcast À l’intersection qui complète ce que je te disais pour ouvrir cette section ou à aller (re)lire la Ploufletter sur le mérite.
👀 so what ?
Comme le récap’ était plutôt long, je te laisse digérer tous ces éléments. Je serais curieuse de savoir ce qui a résonné, comment, ou pas du tout, avec ta propre histoire !
🙏🏾 En tout cas merci encore à la team organisatrice pour l’invitation et les discussions, c’était passionnant – et assez fort. J’ai mis quelque temps à digérer certaines histoires partagées pendant la soirée.
Maintenant, place au climat !
🐋 whale alors
La baleine est à La piscine ce que le coq est à la France, alors voici une actu océanique pour garder le lien avec notre mascotte pref’.
Temps de lecture : 30sec
Comment ça va ? Le transit ?
Petite confession : j’ai beau parler natation de long en large, dès que je mets un pied dans l’eau, je pense à toutes les créatures qui se sont soulagé dedans – encore plus quand je bois la tasse. Jusqu’ici, je ne pensais qu’à la 💩 des poissons, mais la dernière édition de Nouvelle Empreinte a passé un niveau en mentionnant celle… des baleines.
Et oui ! Ces mammifères qui mangent entre un à quatre tonnes de nourriture dans les abysses, produisent une aussi grande quantité de fèces (you’re whalecome pour ce vocable scientifique) qu’elles déposent à la surface – à la manière des jardinier·es bêchant la terre pour faire circuler les nutriments. Dans ces selles, se trouvent de nombreux nutriments qui participent au développement du phytoplancton – à la fois producteur d’oxygène et maillon de la chaîne alimentaire. (Source : Baleines en direct & The Guardian)
Impressionnant.
Un petit pas pour le climat, et un gros 💩 pour les baleines.
(Si tu es à deux doigts de tout lâcher pour devenir cétologue à Montréal, on est ensemble4.)
🤿 mes questions du moment
Temps de lecture : 3min
Je te partage deux questions qui ont germé pendant mes dernières sorties en eaux libres et auxquelles je n’ai pas encore trouvé de réponse.
🏊🏾♀️ Peut-on vraiment scinder nos identités entre le moi du travail et le moi personnel ?
J’ai eu la discussion avec deux swimmeuses à ce sujet récemment. La question étant : peut-on parler inclusion, explorer sa multiculturalité, ses engagements à titre perso sans le partager au travail ? Car après tout, on peut risquer 👇🏾
De se voir mis·e de côté,
D’être réduit·e à ces interrogations,
De voir sa parole minimisée – minorisée ?,
De ne pas se faire entendre – ou pire, de voir ses propos ignorés,
Ou d’entrer dans des joutes verbales où notre interlocuteur·rice cherche à gagner plutôt qu’à écouter.
Et dans ce cas, comment trouver un équilibre pour tout de même arriver à « survivre » et concilier les identités sans trop abîmer sa santé mentale ?
Pour l’instant, la question est en suspense, mais ça m’a beaucoup rappelé l’intervention de Nour sur la charge mentale qui faisaient écho aux chiffres trouvés dans mes recherches sur la sécurité psychologique. Car, pour rappel, trois employé·es sur cinq confie cacher un aspect de leur identité au travail pour éviter d’être stéréotypé·e par leurs collègues.
Oui, c’est énorme – comme une baleine bleue (ou son 💩).
🏊🏾♀️ Personne n’aime les termes diversité / inclusion ? 2.0
Plusieurs swimmers ont répondu à la question que je posais lors de notre dernier entraînement – à savoir, comment remplacer « diversité & inclusion » (merci à vous !)
Parmi elles, Juliette Phuong, la plume derrière la newsletter Blend m’a balancé plusieurs banger. Elle m’a notamment partagé son envie de pouvoir être elle-même au travail – ou ailleurs – sans que son physique ou ses origines entrent en compte. Littéralement, de « pouvoir passer inaperçue ».
J’ai trouvé le terme super intéressant – et celui-ci bouclait avec plusieurs autres échanges – car, dans son cas – comme le mien, ou celui des nageur·ses citées plus haut : notre différence ne peut pas se dissimuler. Donc, la relation à la norme, nos corps y échappent rarement.
Je te glisse ici un extrait de sa dernière édition où elle étayait son propos 👇🏾
« Pendant longtemps, j’ai tenté de me décrire. Dans quel ordre dois-je présenter mes caractéristiques ? Suis-je une femme sino-descendante d’abord ? Ou Issue de l’immigration ? Et pourquoi le choix de ces caractéristiques ?
[…]
Il aura fallu attendre plus de 30 ans avant de rencontrer des personnes qui avaient la même perception de leur "diversité", pour comprendre que ce n'était pas moi le problème, mais la perception de moi dans le regard de celles et ceux qui ne se pensent pas comme "divers·es".
[…]
Cette histoire d’inclusion, je la vois comme des gens qui me font une place dans le métro quand ils ne peuvent plus ignorer mon gros bide de femme enceinte, et qui se sentent alors autorisés à toucher mon ventre ou de me parler de leur belle-fille vietnamienne (qui cuisine bien et qui est très respectueuse des aîné·es).
Merci mais est-ce qu’on peut me laisser une place ET me laisser tranquille ? »
J’ai non seulement adoré cette lecture parce que lors de notre première rencontre, Juliette m’avait confié ne jamais parler de son histoire ou son rapport personnel à ces sujets. C’est désormais chose faite et c’est trop chouette à lire (vraiment, aider les gens à faire émerger les récits qui sous-tendent leurs engagements, c’est ma passion) !
Mais aussi parce qu’elle a mis le doigt sur un deuxième élément qui me cringe quand on parle inclusion : la mansuétude de cellui qui ouvre son cercle autoriserait ces glissements dans notre sphère personnelle ; car cet « effort » demanderait reconnaissance, peu importe la dimension réelle de cet acte. (Oui, ce deuxième exemple est vécu.)
Je laisse (encore) cette question en suspense. En revanche, je prévois clairement un format spécifique pour en discuter tous·tes ensemble – au moins, celleux qui le souhaitent – parce que je vois que je ne suis pas la seule que ça turlupine. (Si tu fais partie d’une entreprise et que tu voudrais t’associer pour co-créer un webinaire là-dessus, on s’écrit ?)
🛟 quelques questions pour évaluer ta santé mentale
Temps de lecture : 1min
Pour reboucler avec l’intro, je te remets ici un outil rapide et efficace pour faire le point rapidement sur ton bien-être, créé en 1999 par l’OMS.
Pour réaliser l’exercice, rien de plus simple : repense à tes deux dernières semaines et assigne une note moyenne entre 0 et🦞🦞🦞🦞🦞 pour chaque affirmation que tu vas lire.
Ici 0 signifie que tu ne te retrouves pas du tout dans la situation décrite et 🦞🦞🦞🦞🦞 représente la note la plus élevée.
Ready ? Let’s plouf 🏊🏾♀️
Ces deux dernières semaines j’ai eu l’impression … 👇🏾
1️⃣ De m’être souvent levé·e en me sentant fraîc·he, et motivé·e.
2️⃣ D’avoir surtout ressenti de la bonne humeur.
3️⃣ D’avoir souvent eu plein·e d’énergie, prêt·e à faire une séance de natation.
4️⃣ D’avoir été majoritairement calme et tranquille – comme la mer un jour sans vent.
5️⃣ D’avoir eu une vie quotidienne intéressante et riche.
À l’issue de l’exercice, additionne le tout. La somme finale devrait te donner un aperçu de ton bien-être général. Plus celle-ci est élevée (sur 25) plus c’est positif.
PS : bien-sûr ceci ne remplace pas une consultation chez un·e pro du sujet. Remember : on a le réflexe d’aller voir un·e ostéo quand on se foule la cheville alors let’s go faire de même pour notre santé mentale.
🛠 quelques ressources pour aller plus loin
👉🏾 L’article What is waste colonialism? de Joycelyn Longdon, créatrice du média Climate in colour. Je l’ai lu juste après avoir vu que les associations Desierto Vestido et Fashion Revolution Brésil s’étaient associées pour organiser un défilé de mode dans la plus grande déchetterie vestimentaire du monde – on parle de 60 000 tonnes d’habits. L’occasion encore une fois de voir une fois encore quelles inégalités peuvent exister entre les pays du nord et les suds en termes de consommation et de pollution… Dans le cas du défilé on parle de l’industrie de la mode, mais c’est quelque chose que l’on retrouve aussi avec le plastique, le numérique, etc.
👉🏾 Pour les bobos qui me lisent – je vous sais nombreux·ses –, j’ai regardé la vidéo de McFly et Carlito sur leur expérience vegan cette semaine. C’était marrant.
👉🏾 Sur le passing, j’ai commencé à parcourir cet article qui explore la notion inverse : le reverse passing. C’es le fait de vouloir se faire reconnaître comme issu·e d’une catégorie sociale autre que la sienne. Cette technique est utilisée, entre autres, par certains politiques qui évoquent leurs origines modestes ou ouvrières afin de créer plus de proximité avec l’électorat français. (Si tu penses à quelqu'un dont le nom commence par G et finit par érald Darmanin, moi aussi.)
👉🏾 As usual, si ça t’a plu, je t’invite à mettre un petit like ou transférer cet email à un·e co-nageur·se. Si quelque chose a résonné avec ton expérience, t’a donné envie de réagir – ou de te (re)mettre à la natation –, écris moi.
👉🏾 Si tu souhaites soutenir le développement de La piscine, deux solutions. → Tu es un·e nageur·se ? Whale, tu peux prendre un abonnement à La piscine. (Tu l’as compris, on avance ensemble sur ce coup.)
→ Tu fais partie d’une entreprise et tu souhaites toucher un lectorat engagé & sensible aux questions d’impact ? Plonge par ici ou écris moi pour découvrir mon offre de partenariat.
👉🏾 Tu ressens le besoin d’être accompagné·e pour créer ta tonalité de marque et/ou créer du contenu long ? Je peux écrire avec toi – et t’aider à prendre un pas de recul – ou écrire pour toi.
À très vite pour un nouveau plongeon 🐋
Apolline
Tu peux aussi me retrouver sur Linkedin
J’estime que si seules les personnes plus âgées que moi me disent que je suis jeune, c’est que je ne le suis plus.
Je ne m’y attendais pas non plus.
Oui, j’en ai écouté plus d’un 👀
Mais pas trop quand même.




